Je profite de la semaine mondiale de l’allaitement pour te parler de mon allaitement, enfin du sien en fait, c’est lui qui tétait!
Avis aux mecs et aux nanas sensibles (et les dégoûtées de l’allaitement aussi) : ça parle nichons, lait et tétons, mais rien de sexuel… Vous êtes prévenus, libre à vous de continuer à lire ou pas!

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Enceinte, j’avais envie d’allaiter mon bébé parce que j’ai travaillé pour l’ONU et qu’on m’a rabâché que c’est ce qui est meilleur pour son bébé et parce que j’en avais très envie etc. Mais aussi parce que j’en avais l’idée que je serai très fusionnelle avec lui alors voilà, je me suis dit que j’essaierai d’allaiter mais sans pression et que si ça ne marchait pas, ce ne serait pas grave, il aurait des biberons et ça irait tout aussi bien! Mais on ne va pas se mentir, allaiter, c’est pratique, économique, tendre etc etc etc.

Et Ptitchat est né, souviens-toi, j’en parlais ! Et je l’ai mis au sein, avec l’aide des sage-femmes de la maternité. ça n’a pas été évident tout de suite, j’ai demandé de l’aide à chaque fois car il me fallait des bouts de sein en plastique qu’on achète dans le commerce. Mon téton était tout petit et bébé ne réussissait pas à bien le prendre. Jusqu’au vendredi soir (j’ai accouché mardi matin), où j’ai eu ma montée de lait, sans la moindre douleur (contrairement à ce qu’on m’avait dit!), je me suis juste retrouvée trempée alors que je regardais la télé. J’ai donc mis mon bébé au sein illico et il a commencé à téter (avec les embouts!). Je ne saurai expliquer la fierté que j’ai ressenti! Puis le lendemain, nous sommes rentrés à la maison et j’ai su me débrouiller toute seule.

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Le lundi suivant, la sage-femme (mon idole!!) est passée nous voir pour contrôler que tout allait bien et c’est là qu’elle lui a découvert un frein de langue (l’histoire c’est !). Elle m’a expliqué que c’était pour ça qu’il avait du mal à téter et qu’il fallait le lui faire couper. Une semaine plus tard, c’était fait mais tout ne s’est pas arrangé pour autant.

J’ai continué à utiliser les embouts car c’était quand même plus facile pour lui. Puis la semaine suivante, je suis allée voir une conseillère en lactation pour obtenir un tire-lait (je débordais, voulais me soulager et faire un stock pour que mr papa donne le biberon parfois et je me posais la question de l’offrir au lactarium) mais je suis tombée sur une espèce de grosse peau de vache qui m’a dit que le lactarium « c’est n’importe quoi, on fait pas ça comme ça et toutes façons, pour ce que vous allez donner ça vaut pas la peine »…. On en parle d’elle ou non?? Je préfères pas, j’aurai trop de grossièretés à son égard.

Finalement, j’ai trouvé un tire-lait manuel Avent d’occasion pour presque rien, que j’ai rapidement apprivoisé et pour mon grand bonheur, ça m’a soulagé et j’ai rempli le congélateur de pots de lait (avent aussi, avent un jour, avent toujours, biberons compris!) et je me suis sentie plus sereine pour les jours où je m’absentais un moment (pour aller faire ma rééducation du périnée notamment, rarement voire jamais pour autre chose sans mon bébé!). Je savais qu’il y avait du lait « au cas ou », et surtout, du lait de sa maman!!

Puis vers entre ses 2 et 3 mois, il a eu du mal à prendre du poids. La sage-femme m’avait dit que c’était parce que la tétée de la nuit sautait puisqu’il faisait ses nuits à 6 semaines. Elle voulait que je le réveille pour téter mais je n’ai pas eu le cœur de le faire. Je n’aime pas réveiller un bébé pour qu’il mange. Mais le problème du poids persistait, vers 4 mois, le doc m’a proposé de faire des analyses avec un pédiatre pour voir s’il était allergique à mon propre lait, j’ai dit qu’on attendait, il n’avait aucun autre symptôme. Puis j’ai bien sûr pensé que je manquais de lait, donc ma sage-femme m’a prescrit des tisanes pour booster la lactation et ça a marché du feu de dieu!!!! Je re-débordais, mon bébé s’est mis à regrossir un peu, mais il n’a jamais été très gros (à part à la naissance!) et malgré des moments difficiles (les crevasses à 3 mois), j’ai été bien soutenu par ma famille, mon homme (sauf sa mère qui était saoulée par mon allaitement et qui voulait à tout prix donner un biberon à mon fils pour jouer à la poupée sans doute…) et encore une fois, par ma sage-femme qui prenait régulièrement des nouvelles.

Le problème qui me pesait c’était qu’il s’énervait en 5 minutes au sein, sans doute parce que ça n’allait pas assez vite ou peut-être parce qu’il n’y avait pas assez de lait. Avec l’aide du docteur, on a analysé sa prise au sein et on a fait une pesée avant et après et il s’est juste trouvé qu’il prenait super vite (100mL en 3mn top chrono!) et du coup après, il voulait « tétouiller » pour le câlin et le lait le gênait (théorie du doc).

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A 4 mois, j’ai repris le travail soudainement : une opportunité, une offre financière qu’on ne peut refuser. Donc, 4 jours après l’avoir appris, je suis allée travailler, sans tire-lait, sans bébé, juste avec mon sac et mes 2 seins! J’en ai tout de suite parlé à une collègue qui revenait de congé mat aussi (pour préciser, j’avais déjà bossé là-bas quelques années auparavant donc on se connaissait bien et on avait gardé contact, je ne parle pas de mes nichons aux inconnus 🙂 ) et elle m’a dit de venir avec mon tire-lait (que j’ai changé entre temps. J’ai d’abord loué un Kitett puis finalement un Medela que j’ai adoré et que je recommande à toutes!!!) (je ne suis ni payée ni sponsorisée par des marques c’est juste un avis personnel…) et de m’isoler plusieurs fois par jour pour tirer ma récolte! La première semaine, le temps que tout se mette en place, mon père m’amenait Ptitchat à midi pour que je l’allaite et le reste de la journée, il avait du lait en poudre. C’est à ce moment là qu’on a commencé l’allaitement mixte. Et par miracle, il a repris du poids rapidement… A ce moment là, je m’en suis beaucoup voulu et j’ai culpabilisé, mais pour autant, ça m’a détendu et j’ai continué l’allaitement tranquillement, sans prise de tête. Et de fil en aiguille, on a poussé le jeu jusqu’au mois de décembre, soit aux 11 mois de Ptitchat.

En juillet déjà, on avait supprimé le bib ou la tétée du goûter pour prendre un yaourt et en octobre, il m’a mordu deux soirs de suite donc on a supprimé la tétée du soir pour rester sur un repas normal et un yaourt de complément ou un biberon. Finalement, on a gardé la tétée du matin mais quand en octobre j’ai attaqué un autre boulot (factrice), je commençais tôt et monsieur ne se réveillait pas toujours avant que je parte. Comme ma mère le gardait chez moi, je n’avais pas à le réveiller pour aller à la crèche ou chez la nounou, donc elle lui donnait le biberon plus tard. Et début décembre, le 6 précisément, le jour de mes 29 25 ans, il a pris sa dernière tétée et ensuite il ne s’est plus réveillé à 6h30 donc il est resté au biberon… Je ne cache pas que ç’a été dur au début de ne plus l’avoir contre moi, de ne plus être celle grâce à qui il survivait alimentairement parlant mais je trouvais notre épopée de l’allaitement très honorable.

J’avais prévu d’allaiter 3 ou 4 mois et puis je pensais que c’était suffisant. Et sans pression, sans écouter les uns et les autres on a fait notre bout de chemin tous les deux, peau contre peau, yeux dans les yeux (enfin non, ça c’est un mensonge, il ne m’a jamais regardé en tétant, j’étais juste un distributeur de lait!!!).

Bientôt un an après l’arrêt de l’allaitement, j’y pense souvent, je me dis aussi que pour le(s) prochain(s), je recommencerai cette belle et folle aventure de sensations, de bonheur, de partage, d’amour, de tendresse et j’en passe!

 

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