Certains le savent, fin 2016 ne nous a pas réservé que des bonnes nouvelles. Parmi celles-ci, Mr Papa a eu, mi novembre, un gros accident de sport qui lui a causé multiples traumatismes et plusieurs séquelles.

C’est donc depuis le 13 novembre (comme si on n’avait pas assez de mauvais souvenirs de cette date!) qu’il est à la maison à se rétablir (enfin le 14…). Malheureusement, tout ne se passe pas comme « prévu » ou plutôt, les choses ne s’arrangent pas comme on l’aurait espéré.

A chaque nouvelle semaine son ou ses rendez-vous médicaux rythment nos emplois du temps. Par chance, j’ai prolongé mon congé parental pour diverses raisons et bien que celle-ci n’en était pas une, il s’avère que ça tombe plutôt « bien ». Bien que désormais il est capable de conduire (de jour, pas de nuit), il peut se rendre à ses rendez-vous seul, sauf ceux qui sont plus important ou je l’accompagne car Mr ne raconte pas correctement son accident, et dans son cas, chaque détail compte. Si je ne lui avais pas coupé la parole la dernière fois pour dire « non, c’est pas dans cet ordre que tu as eu ça ou ça », je crains qu’il soit déjà sur le billard mais heureusement ce n’est pas le cas. Enfin, c’est juste repoussé du coup, mais pas pour les mêmes raisons.

Toujours est-il que depuis un peu plus de 2 mois, Mr Papa est à la maison. Avec moi. Avec les enfants. Si au début, j’ai eu l’impression d’avoir un 3ème enfant bien plus dépendant que les deux premiers, il a vite réussi à remonter la pente (et virer les médocs aux super effets secondaires!) malgré une petite période un peu plus noire et triste pour lui. Désormais, il va aussi bien qu’il le peut malgré ses séquelles. En revanche, le chirurgien a prolongé son arrêt maladie de 3 mois. Trois putains de longs mois! Le coup de massue! On ne s’y attendait pas du tout. Non seulement c’est un manque à gagner non négligeable (puisque accident, donc non indemnisé par la sécu et en attente des décisions de l’assurance) mais surtout ça veut dire que ce chirurgien envisage une récupération vraiment lente. En réalité, il lui « laisse du temps avant de devoir opérer », ce qui est plutôt bien en soi.

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Mais ça fera donc 5 mois d’arrêt de travail et de présence quasi 24h/24 ensemble, à la maison. A la maison oui, car pas de boulot, pas de sous et donc pas de sorties, shopping etc. Bref, confinés à la maison, ensemble. Comment dire??? Chaque année, il prend 4 semaines de vacances, en 2 fois. Et environ 9 fois sur 10, on se prend la tête au bout d’une semaine… Et bizarrement, pas cette fois-ci! Alors bien sûr, chacun met de l’eau dans son vin. Il se rend compte que non, le congé parental n’est pas synonyme de larve sur le canapé et que oui, je m’occupe très bien avec les enfants. Il s’aperçoit aussi que Ptitchat était vraiment en manque de son papa. Il est bien plus calme et agréable depuis ces 2 mois (tout est relatif hein, il a 4 ans et on vient de traverser Noël!) et Mr Papa, lui, passe beaucoup plus de temps avec ses enfants. Il joue de longues heures dans la chambre de Ptitchat à construire, déconstruire, conduire des petites voitures, etc etc mais aussi avec sa fille, fille qui ne hurle plus quand il la prend dans les bras (enfin un peu si je vais trop loin d’elle genre dans la cuisine, ouhh la mère indigne!). Ils partagent désormais de très jolis et agréables moments, à deux, ou à trois, parfois même tous les 4.

En ce qui concerne le quotidien, c’est maintenant lui qui se lève 3 fois sur 4 pour Ptitchat la nuit (môssieur a décidé qu’il avait peur du noir maintenant, lui qui a toujours dormi dans le noir complet!), et quand Mlle nous fait la misère, il tente aussi ce qu’il peut pour l’endormir (comprendre : céder un bout du lit pour elle et passer une heure à tapoter la coucher pour la rendormir, à défaut d’avoir des seins sur son torse musclé!). Il se lève tous les matins pour emmener Ptitchat à l’école et se la joue sentimentale si c’est moi qui y vais (en fait il angoisse d’être seul avec sa fille à cette heure ci encore une histoire de seins…).

De mon côté, je râle toujours un peu après le bordel laissé dans la cuisine mais moins. Je beugle toujours autant quand il allume toutes les lumières de la maison, ça, ça ne passera pas! Il fait des efforts pour passer moins de temps dans son garage et j’essaie de faire en sorte pour qu’il ai quand même ses moments pour y aller sans que je crise. J’essaie j’ai dit!

J’ai commencé à écrire cet article il y a plusieurs jours, en abordant le mauvais côté, puis je l’ai supprimé. J’étais en colère après ses résultats d’examens, après les propos des médecins, j’étais triste de le voir comme ça, perdu, peut être même malheureux de son sort, livré à lui même, devant enchainer les rendez-vous médicaux à travers tous ces hôpitaux, du nord au sud de Lyon, d’ouest en est de sa banlieue. Et puis le verdict des 3 mois supplémentaires est tombé et avec lui la promesse d’une opération « imminente » pour résoudre l’une des séquelles, pas toutes. Alors je me suis dit que c’était pas le moment de flancher, qu’il avait besoin de moi, que j’avais besoin de lui et que nos enfants ont besoin de nous, sans cesse (étrangement ils préfèrent avoir besoin de nous la nuit hein…). Alors, même s’il préférerait retourner travailler, reprendre une vie normale (sans parler de reprendre le sport, c’est impensable), il n’a pas le choix, il est assigné à résidence, comme un mec qui aurait fait une connerie et qui sortirait de prison sauf qu’en fait, il s’est juste fait exploser le crâne pendant un match de foot, un putain de match de foot…

Déjà 2 mois de cohabitation poussée et malgré presque 7 ans de vie commune, j’ai l’impression d’apprendre à le connaitre à nouveau. Y a pas à dire, savoir que la lumière blanche aurait pu être au fond du couloir l’a fait reprendre sa vie en main et finalement, on essaiera de retenir que ça, ce qui nous rend plus forts et unis chaque jour.

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