ATTENTION ARTICLE TREEEEEES LONG

C’est une phrase que j’ai entendu et lu de nombreuses fois ces 3 derniers mois. Pour la plupart, la réponse ne les intéresse pas et c’est une formule de politesse. Quoique… Beaucoup aiment le glauque alors la réponse et les détails croustillants les intéressent. Et d’autres, pas forcément ceux à qui on s’attend d’ailleurs, s’intéressent vraiment à la personne.

La personne, c’est mon cher et tendre Mr Papa.

Il y a 3 mois, le 13 novembre 2016, mon cher et tendre sportif est parti au foot pour son traditionnel match de foot du dimanche. Après quoi il devait me rejoindre chez ma mère pour le goûter. J’avais préparé une tarte aux pommes pendant la sieste des enfants et à 16h je suis arrivée chez elle. Environ 30mn plus tard, mon portable sonnait et sa photo s’affichait, je répondais d’une voix on ne peut plus mielleuse mais là, gros choc, c’était pas lui, c’était son pote! C’est LA seconde ou ton coeur s’emballe…

Il me dit « Bon, Renard (c’est son surnom) s’est coupé l’oreille, c’est pas grave t’en fais pas, on a appelé les pompiers parce que ça saigne mais bon, c’est pas grand chose. »
Bon, si c’est pas grand chose… Je lui dis qu’ils ont déconné, qu’on rigole pas avec les oreilles (complexe familial!). Puis on a raccroché, il allait me rappeler une fois les pompiers arrivés. Son père était aussi sur le bord du terrain.

Quand il m’a rappelé, il m’a dit que les pompiers étaient là, qu’il y avait une plaie de 2cm (j’étais rassurée, l’oreille était quand même encore là, j’avais imaginé le pire), puis il m’a dit qu’ils l’emmenaient à l’hôpital pour voir si c’était profond. Il m’a demandé si je le rejoignais ou non. Evidemment que oui mais pas sans pester qu’il me faisait ch*** et que j’avais pas que ça à faire un dimanche soir, 8h aux urgences avec Babychat de 6 mois dans les nichons pour 2 points de suture. J’étais loin du compte, très très loin…

Arrivée à l’hôpital avant les pompiers, j’ai attendu jusqu’à ce que je les vois avec un brancard et Mr Papa allongé dedans, en chaussettes, minerve au coup, coussins gonflables autour de lui. Du sérieux, et je l’ai vu à l’instant ou j’ai aperçu ses chaussettes! Je me suis approchée, il était conscient mais très très loin. Il avait mal à la tête, n’arrivait pas à ouvrir les yeux, le sang dégoulinait par son oreille gauche. On m’a demandé de faire son entrée administrative puis de dire comment je le trouvais… En train de crever aurait pu être le bon mot, j’ai hésité quand elle m’a dit « ah oui moi aussi je le trouve pas en forme »… sans blague connasse. Il n’a pas été capable de me dire ce qu’il s’était passé car il ne le savait pas et avait perdu connaissance. C’est après plusieurs jours d’enquête auprès des copains que j’ai appris qu’il avait taclé un adversaire mais que son co équipier était arrivé au même moment. Ils ne se sont sans doute pas vu et Mr Papa a fait voler le copain en question, qui est retombé genou sur oreille, de tout son petit poids.

Ils l’ont emmené pour des scanners, des prises de sang, des électrocardiogrammes, des machins et des trucs. Mes beaux-parents m’ont rejoint à l’hôpital (Ptitchat était resté chez ma mère au fait!). On est venu me rapporter qu’ils avaient également fait une radio des cervicales mais qu’elle ne montrait rien et que les douleurs dont il se plaignaient n’étaient que dues à la minerve. Puis on m’a dit qu’il avait de multiples traumatismes crâniens et fractures des rochers (un os derrière l’oreille), ainsi que l’os temporal (au dessus de l’oreille) et le zygomatique (toute la joue et pommette). On m’a aussi dit qu’il y avait beaucoup de liquide au scanner mais qu’ils ne savaient pas s’il s’agissait de sang dû à la plaie de l’oreille ou si c’était du liquide céphalo-rachidien. Par précaution, ils ont contacté un neurochirurgien de Lyon pour avoir son avis quant à une opération du cerveau en urgence. Il a dit que ce n’était pas nécessaire. C’était rassurant malgré tout.

J’ai été tenu au courant de son état assez régulièrement mais pour des raisons vigipirates je n’ai pu aller auprès de lui que 2 fois en 8h, dont une ou j’ai fait une petite chute de tension devant tout ce sang qui giclait et tout ces appareils qui sonnaient. Une fois allongée par terre les pieds en l’air ça allait beaucoup mieux! Bon, ok, il se plait à dire qu’il a appelé l’infirmière une seule fois et que c’était pour moi et donc elle m’a apporté une chaise… Pendant que j’étais à son chevet en salle de déchocage, il s’assoupissait, épuisé par son match et par les douleurs. A chaque fois, comme il s’agissait de traumatismes crâniens, ils ne pouvaient pas le laisser dormir. Il était épuisé et désagréable et à chaque fois que le sommeil l’emportait, le moniteur sonnait car il partait en bradycardie. Son coeur ralentissait considérablement à tel point que la cardiologue s’est un peu inquiétée et est venue le voir. Il a voulu vomir mais n’avait rien avalé de la journée. Ses parents ont pu le voir pendant 45min, j’y suis allée ensuite. Le médecin urgentiste a préféré garder Mr Papa dans son service car son cas était grave et qu’on n’était sur de rien. Le pronostic vital n’était pas engagé mais le risque d’évolution plus dramatique était clairement présent et on me l’a bien dit. On a pris mon numéro pour me prévenir d’un éventuel changement, opération en urgence ou transfert dans un autre hôpital pendant la nuit.

Les 2 fois ou j’étais auprès de lui, mes beaux-parents s’occupaient de Babychat dans la salle d’attente, ce qui a valu des crises de hurlements aussi longtemps que je me suis absentée. La seconde fois, elle a fini par s’endormir dans la poussette, il était près de minuit… Nous sommes rentrées à la maison laissant Ptitchat passer la nuit chez ma mère pour la première fois de sa vie (et donc de la mienne de Maman). J’ai eu du mal à trouver le sommeil avec leur absence à tous les deux, j’ai beaucoup réfléchi, refusant d’envisager le pire…

Le lendemain, après avoir appelé l’hôpital, tiré mon lait, mit ma fille encore endormie dans son cosy, déposée ladite fille chez ma mère avec la moitié de sa chambre et cuisine, m’être fait remonté les bretelles par mon fils car je n’avais pas ramené Papa et que je l’avais laissé dormir là, je suis retournée à l’hôpital. Son copain m’a rejoint aux urgences et j’ai pu aller voir Mr Papa. 7 minutes précisément avant qu’il retourne faire un scanner. Il était un peu plus conscient que la veille mais avait très mal dormi. Je l’ai revu un petit moment vers midi et il a préféré me vomir sur les pieds… Mes chaussures en daim bordel! Il a ensuite été transféré dans un autre hôpital en début d’après-midi, au coeur de Lyon pour voir un chirurgien maxillo facial.

J’ai fait un passage chez ma mère ou ma fille avait dormi toute la matinée, je l’ai nourrie, ai pris une bouffée d’amour de mes enfants et suis repartie rejoindre Mr Papa. Après 30min de route et 20 pour trouver une place, j’ai posé la voiture à l’arrache en warning et je suis entrée dans l’hôpital à sa recherche… Il avait déjà vu le maxillo facial qui ne préconisait pas d’opération et était reçu par l’orl puisque l’oreille était touchée et qu’il était sourd du côté gauche. Je l’ai ramené à la maison avec un arrêt de travail de 10 jours et des gouttes à mettre dans l’oreille. J’ai appelé l’infirmier pour qu’il passe dès le lendemain et suis partie à la pharmacie pendant qu’il se reposait et prenait une douche.

Le jour suivant, il était vraiment pas en forme, nauséeux, plein de vertiges, pas capable de s’asseoir ou d’avaler quoique ce soit. Le soir venu, j’ai appelé le 15 pour être sûre de ne passer à côté de rien et on m’a expliqué que c’était l’effet secondaire des médicaments. Il a donc décidé de l’arrêter sur le champ. Et le lendemain ça allait déjà mieux, jusqu’au soir ou j’ai commencé à entendre quelque chose de bizarre dans sa façon de parler. On en a rit un peu puis nous avons dormi.

Au réveil, c’était de pire en pire. La moitié de son visage était paralysée, figée. Son oeil était comme celui d’un poisson rouge, inexpressif, il n’arrivait plus à parler normalement, sa bouche ne répondait plus sur un côté. Nous avons attendu le passage de l’infirmier quelques minutes plus tard qui a vu notre inquiétude et nous a rassuré quant à un éventuel avc mais nous a demandé d’appeler le 15 au plus vite pour être redirigé vers les urgences de l’hôpital. J’ai appelé puis ai récupéré Ptitchat à l’école, ai attendu ma mère puis nous sommes partis tous les deux à l’hôpital où il avait été conduit par les pompiers. Ils l’ont pris en charge très rapidement. Il est ressorti 2h plus tard en me disant qu’il avait une ordonnance de corticoïdes. La paralysie était, semble-t-il, causée par l’œdème dû au choc, qui comprimait le nerf facial mais aucun examen n’avait été fait. Le médecin lui a dit d’aller aux urgences d’un autre grand hôpital lyonnais dès le lendemain. Nous sommes passés à la pharmacie et avons préféré aller de suite à l’hôpital. Après un détour à neuro, nous sommes arrivés à HEH ou ils l’ont pris de suite pensant aussi à un avec au premier regard. J’ai rassuré l’infirmière et après 8h d’attente, nous sommes ressortis avec le même diagnostic et toujours aucun examen. Nous aurions pu nous en tenir au premier diagnostic que premier hôpital mais sa mauvaise réputation depuis des dizaines d’années le précède et nous avons eu trop peur… Il fallait attendre 10 à 15 jours pour que cela disparaisse avec le traitement.

Nous avons donc patienté et sommes allés chez le médecin pour faire prolonger son arrêt de travail. J’ai pris rendez-vous pour les scanners, l’orl, le neurochirurgien, le maxillo facial, l’autre orl, etc. J’ai fait des soupes, cherché des trucs faciles à manger, caché les clopes, rendu les clopes, racheté du coca, trouvé des vêtements faciles à mettre, conduit la voiture à chaque déplacement, supporté son souffle sur mon visage la nuit en dormant car trop douloureux de dormir de l’autre côté, mis des gouttes dans l’oreille, dans l’oeil…

15 jours plus tard, il a passé un scanner. On lui a dit qu’il y avait toujours beaucoup de liquide dans l’oreille, sans doute du sang.

2 jours après, il a vu un orl qui lui a fait des examens, a constaté sa surdité profonde, ses vertiges légers, son déséquilibre à gauche, n’a pas pu voir le tympan à cause de l’hématome, a déclaré une paralysie de stade 5 (sur 6) et nous a fait banquer… Puis l’a adressé à sa collègue orthophoniste pour la rééducation.

Le jour de mes 32 28 ans, nous sommes allés chez le neurochirurgien qui avait donné son avis le jour J. Après 45mn à tourner pour trouver une place, et 2h à patienter dans la salle d’attente, le neurochirurgien a été super pessimiste avec une jolie phrase « oh bah vous savez, y en a chez qui la paralysie ne part jamais. Bon, on peut opérer et mettre du botox ici, couper ce nerf là pour que vous ayez l’air d’avoir un visage uniforme, raccrocher tel muscle à tel machin pour que vous n’ayez plus cette sorte de babine à la bouche mais sachez que ça peut rester 6 mois, 1 an, toute la vie hein »… Allez hop, c’est fait! On a forcément du faire un peu de shopping après ça pour se remonter le moral… Mais le coeur n’y était pas!

A partir de là, il a commencé à angoisser, à me dire que peut être il allait rester comme ça toute sa vie, que j’allais le quitter pour un mec pas handicapé, que j’allais avoir honte etc. J’ai tout fait pour le rassurer, j’espère avoir réussi un peu mais ses inquiétudes peuvent se comprendre, avoir peur de rester comme ça toute sa vie avec tout ce que ça implique, les regards étonnés, insistants, inquiets, effrayés des gens, des enfants, y compris son fils qui jouait à l’imiter, le voisin qui vient choper des infos, la famille ou les amis qui veulent des ragots mais juste pour commérer, pas pour le soutenir, bref, une situation bien délicate…

Mi décembre, il a revu le chirurgien maxillo facial qui était plein d’espoirs sur un retour à la normale rapide. De 10-15 jours pour que la paralysie disparaisse, on était déjà à plus d’un mois… Toujours sourd bien sûr! Puis l’orl nous a reçu et lui a dit qu’il pensait que l’oreille interne était atteinte mais qu’en raison du liquide présent, il ne pouvait pas voir, il fallait attendre. L’audiométriste (pour le test d’audition) est en vacances et pas remplacée l’après-midi. Il ne peut donc pas évaluer l’évolution de sa surdité. C’est pas comme si on avait ce rendez-vous depuis 5 semaines et qu’on comptait vraiment dessus!

Fin décembre, il a été reçu par un neurologue pour faire un electromyogramme. Une stimulation électrique et visiblement super douloureuse des nerfs par aiguilles. Résultat sans appel : 0% de réaction du nerf facial sur la portion au-dessous de l’oeil jusqu’au bas du visage. Le front, lui, commençait à redessiner les rides. Parfois, on est content de voir des rides!! 200€ plus tard, on rentrait chez nous avec l’envie de passer directement à la nouvelle année pour retrouver un peu d’espoir dans tout ce brouillard. Malheureusement, ça n’allait pas être si simple et loin d’être jovial!

Début janvier, après notre excursion à Disney en famille (heureusement qu’on a pu souffler 24h!), les nouveaux rendez-vous maxillo-facial et orl ne nous laissaient pas beaucoup d’hypothèses. Le maxillo partait en mission humanitaire au Laos pour réparer des fentes labiales sur des enfants (et m’a dit au passage que ma bouche était exceptionnelle mais c’est une autre histoire!). Il a voulu nous rassurer en nous disant qu’il préférait attendre quelques mois pour espérer un retour à la normale naturellement et n’opérer que bien plus tard. Il l’a aussi fait voir par un ophtalmo pour voir l’état de la cornée. Oui car avec une paralysie faciale, on ne peut plus fermer l’oeil et donc il s’assèche, je vous passe donc les journées à mettre des gouttes, les soirées à mettre de la crème et les nuits à dormir à côté d’un mec qui se prend pour un pirate avec la coque sur l’oeil (oui celle de son fils, du déguisement de pirate! Etant dans le bâtiment, Mr Papa perce des plaques de placo, utilise des disqueuses et tout un tas de trucs à risque pour ses yeux. Le fait qu’il ne ferme pas est très dangereux pour lui. J’ai d’ailleurs du lui retirer une paille de fer au coton tige quelques jours avant l’accident…
L’orl, lui, est moins compréhensif et estime que s’il doit rester comme ça 6 mois, bah il faudra bien qu’il aille bosser. C’est le seul de cet avis car les autres refusent de le laisser y retourner. Et heureusement quant on sait la suite… A ce moment, il peine à voir le tympan et l’oreille interne mais l’hématome s’est enfin résorbé au bout de 2 mois… Il soupçonne une luxation des osselets. Ce sont les 3 petits os (marteau, enclume et étrier) qui permettent l’audition. La luxation c’est qu’en fait ils ne sont plus articulés entre eux et donc le son ne vient plus, d’où la surdité.
Il lui prescrit un nouveau scanner qu’il fait fin janvier et ne connait pas les résultats.

1er février, il rencontre une consoeur (je sais pas si ça se dit mais l’ordinateur ne semble pas rechigner!) qui se dit spécialiste de ce genre de problème. Comme tous les autres, elle pense qu’il a eu un accident de voiture pour avoir ces séquelles… C’est souvent ce qui arrive. Elle peut enfin voir le tympan avec sa caméra. Ou ce qu’il en reste. Il est littéralement éclaté, perforé, quasiment inexistant. Je le vois moi même sur l’écran, je suis sciée! Quand on pense que son collègue ne voulait pas le prolonger en arrêt maladie et qu’il bosse toute la journée dans le vent et le froid. Je vous dis pas les dégâts sans tympan pour le protéger. Heureusement que le maxillo a insisté, LUI! On aperçoit les osselets mais ils constatent qu’ils sont très loin. Ils pensent donc aussi à une luxation. Elle demande pourquoi il n’a pas été opéré de la pommette car visiblement son collègue aurait du le faire tout de suite, elle trouve que ç’aurait été nécessaire, nous pas forcément… Mais elle nous dit qu’elle ne se sent pas à la hauteur pour l’opération qui l’attend et nous adresse à un confrère dans un autre hôpital lyonnais et tant mieux, je la sentais pas vraiment. Elle contacte directement le chirurgien qui nous donne rendez-vous entre ses 45 patients 2 jours plus tard.

On s’organise à nouveau pour laisser les enfants, si on peut éviter de les emmener, c’est toujours mieux mais pas toujours évident avec Babychat…

Le jour du rendez-vous est déjà là et on a la mine déconfite avant même d’arriver. On ne croit plus à rien, on n’a plus vraiment d’espoir, ni sur la paralysie, ni sur la surdité… Là, on patiente longtemps mais on tombe sur un professeur très renommé d’une compétence sans nom! Et il va droit au but, il nous explique tout, nous montre et prend les choses en mains. En effet, le tympan est perforé et les osselets sont luxés. Les nouveaux tests audiométriques montrent la surdité mixte profonde, c’est à dire sur les sons aigus et les sourds. Il va droit au but : Mr Papa n’entendra plus jamais les sons aigus. La surdité, pour ces sons là, est irréversible, l’enclume est bien trop abimée; elle ne fait plus son boulot, elle est même la principale suspecte de la compression sur le nerf facial, il faut l’enlever.
Pour la remplacer, il prévoit de mettre un tube en titane à sa place, entre l’étrier et le marteau pour permettre la diffusion des autres sons. Avec cette manoeuvre, on a l’espoir que la compression disparaisse (mais ils ne savent pas si c’est ça, on y va à l’aveugle!) et qu’il puisse récupérer un peu d’audition à gauche. Petit hic aussi, le liquide qui était dans l’oreille depuis tout ce temps n’était pas seulement du sang, mais surtout du liquide céphalo-rachidien (LCR). En fait, les différentes fractures ont fait une brèche méningée et l’écoulement de LCR provoque un risque de méningite. Bien sûr, il a 32 ans, il n’a pas son carnet de vaccination sous la main, ses parents ne se souviennent pas s’ils l’avaient fait vacciner contre la méningite étant petit. Par précaution, il faut qu’il se fasse vacciner au plus vite, avec un rappel dans 2 mois. Par chance, mes enfants le sont, mais Babychat n’a pas encore eu le rappel…
Le rendez-vous est pris, il sera opéré 10 jours plus tard, il n’y a plus de temps à perdre, le ballotement d’hôpital en hôpital a assez duré! Entre temps, il faut le faire vacciner contre la méningite. Et bien sûr, Babychat nous fait une frayeur en passant le weekend vraiment pas bien, beaucoup de fièvre, toute patraque. Le stress, la fatigue, l’inquiétude nous font penser à tout et son contraire, surveiller +++ mais finalement, je pense à un état grippal pour ma poupée…

Le 13 février 2016, soit 3 mois, jour pour jour après l’accident de foot, nous arrivons à l’hôpital pour une chirurgie ambulatoire. Après avoir failli manger la nana de l’accueil, on fini par se retrouver en chambre et patienter, patienter encore, patienter jusqu’à ce qu’ils l’emmènent au bloc. C’est la première intervention de sa vie, il a peur, ne le dit pas, sauf à moi, de ne pas se réveiller. J’essaie de blaguer, comme d’habitude en lui demandant à qui il lègue son brassard de capitaine ou sa console mais ça ne prend pas plus que ça… Enfin un peu quand même, quand il me dit « t’es con », c’est que ça marche un peu!! La situation est pesante, l’infirmière me demande si je suis nerveuse, j’ai envie de la passer par la fenêtre du 5ème.
A midi, il part au bloc dans sa chemise blanche et bleue over sexy!
A 13h, il est endormi et l’opération commence.
De mon côté, je squatte la chambre, je descends prendre à manger, je me trompe, je frôle la cata, je remonte dans la chambre. L’autre patient rentre de chirurgie alors je le laisse se reposer avec ses parents à ses côtés, c’est un ado. Je vais en salle d’attente. Je lis, je lis « Le premier jour du reste de ma vie » de Virginie Grimaldi. J’arrive à m’évader un peu mais je me perds dans les lignes à chaque passage de brancard ou de chemise blanche. Je textote un peu avec le parrain de Babychat qui est un ami de Mr Papa et qui s’inquiète. Il est super présent et ça fait plaisir de voir que son pote, lui au moins, se fait du souci pour lui. Je le renseigne du mieux, avec le peu d’info que j’ai. C’est bête, mais ça me conforte dans mon notre choix de parrain… Je regarde 1001 vies à la télé sur le sujet de la maternité mais j’entends rien, j’ai une migraine de dingue, j’arrive pas à me concentrer. ça devient long. Je ne tiens plus, je redescends chercher un thé, des bonbons et des tartelettes au citron (pardon Babychat!). Je demande ce qu’il en est car je commence à voir les gens partir avec leurs pansements et bandages. L’infirmière me dit qu’elle vient d’avoir des nouvelles à l’instant, qu’elle allait venir me voir pour me dire que l’opération venait tout juste de se terminer (ça a pris 1h de plus que prévu, soit un peu plus de 3h). Il faut donc compter encore une bonne heure en salle de réveil avant qu’il ne revienne.

Je patiente encore et alors que je suis affalée comme une grosse flaque sur mon fauteuil, mes seins trop plein de lait me faisant pencher d’un côté, l’infirmière vient enfin me chercher pour me dire qu’il est arrivé. Je jette mon thé presque froid dans le lavabo et arrive en trainant mon sac à main de 12kg au moins. Dans la chambre, il y a son lit mais pas lui! Seconde d’angoisse… Il est aux toilettes, debout, avec un énorme pansement sur l’oreille et un grand bandage autour de la tête. Il a l’air d’aller bien, il parle clairement, il marche bien. C’est presque déstabilisant.
Il passe ensuite un peu plus d’une heure sur son lit, à grogner qu’il n’est pas bien installé, qu’il a froid, qu’il a chaud, qu’il veut être dans son lit ou devant son chauffage soufflant dans sa salle de bain tranquillement à la maison. Il en devient super chiant.  Je lui rappelle que le chirurgien avait dit qu’il le garderait s’il y avait trop de LCR dans l’oreille. Le chirurgien d’ailleurs, arrive. Toujours aussi sympathique, il nous explique qu’il y avait plus de dégâts que prévu et donc ça a pris plus de temps.

En effet, c’était l’enclume qui comprimait le nerf facial causant la paralysie. Mais elle était en fait tellement enfoncée qu’il a mis « 1h à la désincarcérer au lieu de 2min d’habitude ». Les osselets avaient complètement valdingué bien loin de leur emplacement normal. Par contre, pas signe de vie de l’étrier. Il a disparu. Il ne sait pas où il est?! Disparu, parti, envolé. Est-ce qu’il se ballade quelque part dans le corps de Mr Papa? Peu probable. Est-ce qu’il a sauté de l’oreille le 13 novembre? Envisageable. Toujours est-il que de 3 osselets, il passe à 1 seul… Compliqué pour entendre quelque chose! Le chirurgien a donc mis un implant en titane à la place de l’enclume et de l’étrier, qu’il a relié au marteau, qu’il a lui même relié au nouveau tympan reconstruit. Comment? Je ne sais pas, a priori une greffe de je ne sais quoi. J’ai eu du mal à retenir toutes les infos en fin de journée.
Avec tout ça, le nerf facial est libéré mais a été très endommagé. Il faut donc attendre pour voir s’il récupèrera ou non. Il se peut aussi que l’opération ai aggravé la paralysie. Chouette, manquait plus que ça…
Côté surdité, bah faut attendre… Pour l’instant, il a un peu moins de 10 points derrière l’oreille, j’ai d’ailleurs l’impression qu’elle est super décollée du coup, mais pitié, ne lui dîtes pas, il est déjà archi complexé comme ça! (Il s’en veut aussi de l’avoir transmis à son fils!). En revanche, pas d’info sur le liquide céphalo rachidien…
En même temps, pour l’instant, il a bien du mal à voir quoique ce soit car les vertiges ne le lâchent pas. Il peut difficilement se mettre assis ou debout et sa seule descente de la chambre est pour le passage de l’infirmier, éventuellement un passage aux toilettes mais la salle de bain est en haut, l’escalier est très compliqué pour l’instant.

Bien sûr, c’est encore très frais et il a un bon mois avant de voir un quelconque changement, si changement il y a, ce qu’on espère de tout coeur! On espère vraiment que cette ossiculoplastie et cette myringoplastie auront de bons résultats sur le court et long terme.

Voilà, vous savez tout je crois sur l’accident de Mr Papa et les séquelles qu’il gardera. Il sera sourd sur les sons aigus. Puisqu’il faut positiver, il ne m’entendra pas brailler sa mère et sa fille non plus. Et puis maintenant, il est un peu comme Iron Man, il a un implant en titane, c’est un super héros… Et j’ai la carte avec les numéros de l’implant donc si on a besoin d’identifier son corps un jour, je donnerai la carte à Horacio… Vous voyez, malgré le brouillard, on sait encore (sou)rire un peu et avoir beaucoup de second degré, et il en faut vraiment beaucoup pour s’en sortir après tout ça.
Mais bon, on l’a pas dit mais c’est tout comme : pour le meilleur et pour le pire… On pourrait profiter des 2 meilleurs sans le pire maintenant???

Donc oui, c’était grave…

Publicités