Oui, rien que ça, le jugement dernier. J’ai eu du mal à trouver un titre qui correspondait à mon ressenti, mais je crois que celui-ci est assez juste…

En fait, je ne vais même pas gueuler, je vais juste m’exprimer… Je crois que j’en ai encore le droit, a fortiori ici, sur ce blog qui est le mien, comme mes réseaux sont les miens et j’estime avoir encore le droit d’y exprimer mes sentiments sans être fliquée…

Depuis des années, je me sens jugée. Non, je suis jugée. Pour tout. Tout ce que je fais ou ne fais pas d’ailleurs.

Alors bien sûr, le jugement facile, c’est celui des parents. C’est tellement simple de juger les autres sans balayer devant sa porte, sans chercher à savoir pourquoi on est comme ça, on réagit de telle manière, etc…

titre_jugement_dernier

Mais avant ça, j’ai été jugée dans ma vie « antérieure »… Et puis quand j’ai rencontré Mr Papa. Parce qu’il a quitté sa copine de l’époque avec qui ça n’allait plus pour être avec moi. Puis parce qu’on s’est cachés un moment. Puis parce que ses copains ne m’aimaient pas et c’est toujours le cas! et parce que j’avais moins de temps à accorder à mes copines, le gang des célibataires. J’ai pardonné à certaines des propos vraiment blessants, mais pas à d’autres. J’ai tiré des traits. Certains fermes et définitifs, d’autres pas.

Puis j’ai été jugée quand j’ai décidé que le prénom de notre fils resterait secret jusqu’à sa naissance.

Puis j’ai été jugée quand je l’ai allaité (11 mois, c’est bien trop long que même…).

Puis j’ai été jugée quand j’ai décidé d’avoir un deuxième enfant. Et surtout quand j’ai décidé qu’on ne dirait pas le sexe de celui-ci avant la maternité. Oula gros gros jugement là! « c’est égoïste », « et nous, on peut rien acheter », « ça soule » et j’en passe!

Puis j’ai été jugée parce que j’ai recommencé à allaiter. Quelle chercheuse d’histoires je fais aussi…

Puis j’ai été jugée parce que j’ai continué à allaiter alors que Babychat est malade. J’ai donc été jugée de chercher à faciliter la vie de mon bébé en ME privant de bouffe et en laissant celle de tous les autres dans LEURS assiettes. Dingo dingue quand même… J’ai eu beau expliquer, répéter mais quand ça sonne creux dans certaines têtes, y a rien d’autre à faire.

J’ai été jugée parce que je fais du cododo, oui encore à presque 10 mois! Un peu malgré moi pour le coup…

J’ai été jugée parce que je ne mets pas de fessées à mon fils. Il m’arrive de déraper parfois quand tout éclate mais on ne souhaite pas participer à la violence éducative à la maison.

J’ai été jugé parce que j’exprimais mes sentiments, ici ou ailleurs. Jugée et blessée.

J’ai été jugée car j’ai décidé de prendre un congé parental pour élever mes enfants.

J’ai été jugée car je ne suis pas capable de les laisser une nuit, un weekend, une semaine aux grand-parents ou a qui que ce soit.

J’ai été jugée pour tant de raisons dont aucune n’est légitime car il n’y a pas de raison légitime de juger quelqu’un, sauf dans un tribunal… Et j’en passe, car des jugements, j’en ai certainement eu d’autres, sans doute beaucoup que je n’ai pas entendu mais qui ont fait siffler mes oreilles!

Alors aujourd’hui, je dis merde. Oui, je suis une femme vulgaire. Et je suis une femme qui s’affirme. Pas toujours. J’ai la mauvaise habitude de faire le dos rond pour éviter les conflits, pour ne pas froisser, pour ne pas déranger. Parce que j’ose espérer qu’on fera pareil en me laissant tranquille, en me foutant la paix et en s’occupant chacun de ses affaires. Mais visiblement, certain(e)s préfèrent balayer chez moi que chez eux. Si seulement ce n’était pas qu’une image, mais pour l’instant je fais le ménage dans ma vie et dans ma tête… Dans le salon, on verra plus tard.

Mais au-delà de mon cas, j’ai encore très récemment pu constater que les gens étaient toujours dans le jugement d’autrui.

Donc maintenant, c’est clair, j’en ai assez. Si c’est pour être jugée, c’est terminée, ce sera sans moi, je cède volontiers ma place.