Voilà un article pour lequel je ne sais pas par ou commencer…

On m’a demandé d’écrire sur l’arrivée d’un deuxième enfant et donc la place du premier dans la famille.

Je vais donc essayer d’en parler, mais uniquement de mon point de vue personnel.

Le désir d’enfant

Quand nous avons eu Ptitchat, nous avions déjà envisagé d’avoir le 2ème quand lui aurait entre 3 et 4 ans mais sans se mettre la pression. Bien sûr, j’avais ce désir d’enfant qui était très présent mais je voulais que tout soit bien en place au niveau professionnel, c’est à dire avec un cdi, un boulot plus ou moins fiable. Eventuellement avec une maison avec jardin…

Quand nous avons décidé de mettre un nouveau bébé en route, notre Ptitchat avait 2 ans et demi. J’avais préparé le terrain en faisant les analyses pré-conceptionnelles, les bilans sanguins, les rendez-vous avec ma sage-femme, et compagnie. Nous allions déménagé, nous partions en vacances, bref, les choses étaient prêtes à se passer tout tranquillement…

Me sachant plutôt très fertile (enfin, une fois n’est pas coutume! Rien n’était dit!), j’avais envisagé la naissance du bébé pour les beaux jours (oui je sais c’est moche de prévoir ce genre de détails!). Je me disais qu’en tombant enceinte en septembre, ça nous donnerait un bébé en juin, aux beaux jours, avant l’entrée à l’école, bref plus ou moins comme je voulais… Et ça a, à peu près, marché puisqu’on n’a même pas eu le temps de s’entrainer que Babychat s’était nichée au creux de moi, début août a priori… Notre bébé était donc prévu pour début mai, ce qui faisait un peu plus de 3 ans d’écart avec son futur grand frère. Tout comme on voulait!

Et puis notre Ptitchat a grandit vite, d’un coup. Et j’ai eu parfois l’occasion de me dire qu’on aurait peut-être du faire un bébé un peu plus tôt, quand il était moins rebelle… Mais bon, c’était comme ça et je me consolais en me disant qu’avec son « grand âge » il serait plus doux, plus attentif à sa petite soeur et complice… LOL – méga LOL…

La seconde grossesse

Clairement, pour ma seconde grossesse, j’ai eu beaucoup plus de mal à me mettre dedans. J’étais terrifiée par le risque de fausse couche d’autant que j’étais entourée de femmes malchanceuses autour de moi. Je ne savais pas comment j’arriverai à le vivre devant mon fils si ça arrivait. C’est pourquoi on a attendu un maximum pour le lui dire. On lui a annoncé qu’un bébé était dans mon ventre au mois d’octobre, soit à 2 mois et demi de grossesse. En même temps qu’à ma meilleure amie et à mes beaux-parents. Enfin, juste après mais c’est pareil. On a demandé un maximum à notre entourage de ne pas lui en parler. 6 mois c’est très long à même pas 3 ans alors autant ne pas lui dire trop tôt pour ne pas que l’impatience le gagne. Et puis avec le ventre qui s’arrondit, les discussions naturelles et venant de lui étaient plus fréquentes.

Et pendant tout le reste de la grossesse, j’avais de nouveau cette peur (déjà vécue) de redevenir un coffre au trésor. J’entends par là d’être le centre de l’attention de nombreuses personnes (nos familles notamment) qui couve le bébé tant attendu (beaucoup moins attendu que le premier ceci dit). Avec cette attitude, je n’acceptais pas de passer devant mon fils. Par chance, nos familles ont assuré et n’ont eu de cesse d’être présent pour notre fils, du début à la fin de la grossesse. C’était mon inquiétude, que mon fils soit invisible devant sa petite soeur pas encore née.

La naissance

Quand LE moment est arrivé, j’ai pu compter sur ma maman (comme toujours!) pour prendre soin de la prunelle de mes yeux en attendant que la seconde daigne sortir (et elle n’a pas tardé!).

Nous avions très clairement dit à tout le monde que le premier à venir rencontrer le bébé serait Ptitchat, et ce fut le cas. Après une soirée à accoucher et une nuit en surveillance, Mr Papa était rentré se reposer quelques heures pour revenir avec mon petit homme. Ces instants sont gravés dans ma mémoire et je sais que jamais je ne les oublierai. Il a été le premier et c’était important pour nous. Je pense que plus tard, il pensera aussi que c’était important pour lui.

Le retour à la maison

Le retour à la maison s’est passé assez bien du côté de Ptitchat. Malheureusement c’était nettement plus compliqué pour Babychat qui était malade et on l’ignorait.

En revanche, mon fils n’a pas eu de coup de foudre pour sa soeur. Même si lors de ses départs de la maternité il pleurait toutes les larmes de son corps pour nous ramener toutes les deux, ensuite, il n’a pas eu plus de « sentiment » que ça. Pas de bisou au réveil ou de câlin ni geste tendre. Pas l’inverse non plus, non, juste une très grosse indifférence.

Les mois qui ont suivi ont été très difficiles pour nous 4. Pour Babychat car elle était allergique et nous ne le savions pas, ne trouvions pas comment la soulager. Pour Ptitchat car sa soeur passait son temps à hurler et donc à monopoliser l’attention de ses parents à son propre détriment. A ce moment là, il ne l’a pas trop exprimé. Il a été cool, il a pris sur lui. Jusqu’à ce que nous nous retrouvions tous les 4 en vacances ou là, clairement, il nous a pourri nos journées! Et elle, mes nuits…

Au quotidien

Puis la rentrée, l’école, la routine qui s’installe, l’allergie qui est dépistée et prise en charge, l’éviction et le soulagement. Pour tout le monde.

A ce moment-là, j’ai vu mon Ptitchat grandir. Pas seulement physiquement, je l’ai vu devenir un grand petit garçon. Il est devenu plus sage, plus apaisé, comme sa soeur. Il a commencé à jouer plus souvent seul, dans sa chambre mais aussi à s’intéresser à sa petite soeur.

A vrai dire, il y a encore deux mois, je demandais à ma copine quand est-ce que la complicité allait commencer?! Et puis je vois, jour après jour que ça commence, tout doucement, tout tranquillement. Pour Ptitchat j’entends car pour Babychat, depuis fort longtemps son frère est son idole. Ses premiers éclats de rire lui étaient destinés.

Petite, je n’ai pas eu beaucoup de complicité avec mon frère, nous avions 6 ans d’écart (et on les a toujours en fait). C’est vrai qu’avec la moitié d’écart, j’espérais qu’ils seraient « fusionnels » et il n’y a qu’à constater que ce n’est pas le cas… Mais en même temps, ça ne fait qu’un an qu’il se connaisse, tout reste à venir…

Publicités