Force est de constater que lorsque nous avons des enfants, 3 qui plus est, ou plus, trouver du temps pour soi est relativement difficile. Si on ajoute à cela le fait que l’on ne fait pas de sport, qu’on n’a pas de passion particulière, il est d’autant plus compliqué de trouver quoi faire et quand s’octroyer un peu de temps rien qu’à soi.

Me concernant, je n’ai pas à coeur de trouver du temps pour moi, car j’aime plus que tout être auprès de mes petits, c’est un choix qui m’appartient et qui me convient. Néanmoins, j’ai la tête dans le guidon tous les jours, toutes les nuits, surtout les nuits. La charge mentale qui m’incombe est énorme mais nous y trouvons notre compte, le partage des tâches est plutôt bien fait.

Ce qui me pèse actuellement, ce sont ces fichus kilos qui ne veulent pas me quitter. ça me pèse, à tous les sens du terme. Parce que 10kg, mine de rien, ça change un chiffre, l’unité en principe et ça pèse bien plus lourd sur la balance, tant celle de la salle de bain que celle au creux de mon crâne. Et concrètement, j’ai beaucoup beaucoup de mal à m’accepter comme ça; autant le regard des autres m’est complètement égal, autant le mien sur mon corps est très dur à accepter. D’ailleurs je ne l’accepte pas du tout. Je ne supporte plus de voir mon reflet dans le miroir. Un peu trop gâtée par la nature après mes précédents accouchements ou j’avais perdu l’intégralité des kilos pris pendant 9 mois, en seulement 15 jours, pour Léandro comme pour Iris. Sauf que la petite dernière a fait un pied de nez à la gentille nature et a inversé la tendance, la vilaine!

Quel rapport avec le temps pour moi me direz vous?! Eh bien j’ai décidé d’aller courir! Oui quelle drôle d’idée. Il se trouve que je me suis jurée de ne plus jamais m’inscrire dans une salle de sport ou je n’irai que 5 fois par an, comme les fois précédentes. Alors courir, était une option plutôt simple, rapide vu mon niveau sportif et les petits yeux du chat potté que font mes poumons à mon cerveau pour qu’il ordonne aux jambes d’arrêter de courir! Et puis c’est gratuit, on court quand on veut, ou presque, n’importe ou, ou presque, avec n’importe qui, ou presque!

Alors j’ai profité d’une promo pour m’acheter des baskets de running et de la présence de ma meilleure amie pour m’initier (ou me réinitier!) et surtout remplir mon réservoir émotionnel de son amitié et de son temps. Je suis partie de chez moi pour la rejoindre en laissant mon fils en pleurs. Je m’attendais à ce que ce soit sa soeur qui pleure, voir la mini mais non, ce fut lui. Il voulait m’accompagner. N’étant pas sure de me gérer, je lui ai refusé ce moment. Et puis j’ai cogité sur le chemin… Pourquoi ne me laissait il pas partir alors qu’il ne mouche pas quand son père part aux réunions du foot? Pourquoi ne me laissait il pas partir alors qu’il va tous les samedis au foot? Pourquoi lui, pourquoi eux et pas moi? Car clairement, son problème était que je parte et non pas que j’aille courir même s’il avait envie de le faire avec moi.

Au final, j’allais courir pour moi, pour retrouver mon corps, pour lui faire du bien (même si à l’heure ou j’écris il a plutôt mal!) et j’ai eu le déclic. J’allais prendre ce temps pour MOI, et moi seule, sans enfant, sans conjoint, quitte à courir seule et faire le tour du pâté de maison, mais j’allais prendre ce temps. Ce temps qu’on ne me donne pas, qu’on ne m’accorde pas si je le demande, c’est décidé, je l’exige désormais.

Rien ne m’empêche toutefois de demander à ma mère de garder les enfants une petite demie heure pour courir avec mon homme, ou de partir faire un petit tour avec mon fils ou encore de partir avec une copine mais désormais, si j’en ai envie, si j’en ressens le besoin, je veux pouvoir aller prendre du temps pour moi sans me torturer l’esprit de qui, quand, quoi, comment on s’occupe des enfants en mon absence. Il s’agit après tout que d’une petite heure vu mon niveau sportif, j’en suis pas encore au niveau marathon!!